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leabeauxjours_dvdEst-ce vrai que vieillir est toujours mourir un peu ? Est-ce que l’accumulation de temps libre asphyxie ou embrasse ? Voilà des questions auxquelles tente de répondre Marion Vernoux dans une adaptation du roman « Une jeune fille aux cheveux blancs » de Fanny Chesnel (qui a d’ailleurs collaboré à l’écriture du scénario). Une chose est certaine, le temps ne semble pas avoir d’emprise sur la beauté intemporelle de Fanny Ardant. La poésie de ce film réside avant tout au cœur de cette lumière discrète qui danse dans le regard de l’actrice qui incarne Caroline, une jeune (très jeune) dentiste retraitée. En deuil de sa meilleure amie, emportée par un cancer foudroyant cinq mois auparavant, Caroline, décide de reprendre le temps perdu. Elle, qui n’était pas là lorsque son amie rendait son dernier souffle, Elle qui s’en veut, elle qui priorisait continuellement le travail en attendant… Grande question que celle de suspendre sa vie en attendant… Attendre quoi au final ? Caroline se retrouve déroutée par tout ce temps libre qui se dessine devant elle. Des espaces-temps à combler, du vide à détruire. Et cette terrible interrogation à savoir « que faire aujourd’hui ? ».

Les Beaux jour, c’est le nom d’un lieu où les personnes « âgés » se rencontrent pour y faire de nombreuses activités ou y suivre diverses formations (théâtre, informatique…) Un équivalent des maisons des jeunes. Avant tout, Les beaux jours un lieu où les gens vont pour tenter de tuer la solitude. Un endroit où l’on va car on ne sait plus vraiment où aller, parce que personne ne nous attend ailleurs. Caroline décide de s’y risquer après avoir reçu un forfait cadeau de type « découvertes » de la part de ses filles. Elle y trouvera des réponses, mais pas tout à fait les réponses aux questions qu’elle se posait. La vie peut être surprenante parfois. Avant tout, le temps des beaux jours, elle y trouvera le sentiment d’exister. Parce que le temps qui passe est peut-être le plus grand mystère du monde. Parce que le temps n’a pas d’ascendant sur le désir ni sur l’écart d’âge entre deux êtres humains qui s’attirent un et l’autre…

La réalisation de Marion Vernoux en est une de subtilités, une panoplie de dizaines de teintes, qui se glissent entre deux nuances de bleu Chagall. Une finesse chromatique qui enrichit les jours (les beaux comme les mauvais). La musicalité, tant du rythme que de la magnifique trame sonore qui borde le film sont en symbiose avec le bord de mer, qui prend des airs de personnage tant sa présence ici est imposante, donnant un souffle salin à la production. Entre mère et mer. Les beaux jours, dans sa sobriété fragile est un petit fragment de bonheur, de réflexions, de corps qui exultent, de peaux qui s’embrasent… Les beaux jours est un film qui fait fi du temps, qui apprivoise les âges et leurs différences.

Le film est disponible au Québec en DVD depuis le 11 février 2014.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le mercredi 19 février 2014 à 18:32 et est classé dans Cinéma français. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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