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gabrielle poster kleinAlors que le débat sur les différences fait rage partout au Québec, la réalisatrice Louise Archambault se ballade à travers la planète (récoltant éloges et succès) avec un film qui nous plonge de plein fouet dans le monde des différences. Dans l’univers de ceux que la société place en marge, dans l’inconnu, dans ce qu’on refuse trop souvent de voir ou d’affronter. Vous savez, toutes ces fois, où timidement, nous choisissons de détourner le regard car mal à l’aise on ne sait pas trop comment réagir. On parle ici des gens atteint de déficiences intellectuelles.

En fait, ce deuxième long-métrage de Louise Archambault est un voyage au centre de l’humanité. Gabrielle, c’est tout ce qui est « Humain ». Il y a une véracité absolument désarmante qui s’offre à nous dès les premiers instants du film, et qui nous fait danser entre fiction et documentaire. Tranquillement on apprend à apprivoiser l’inconnu tout en découvrant un monde habité par les mêmes craintes, par les mêmes désirs, les mêmes amours, les mêmes ambitions que nous. La seule dissemblance est que chaque geste, chacune des actions quotidiennes demandent deux sinon trois fois plus d’efforts. Cette sincérité rend l’expérience plus poignante, d’autant plus surprenante. De cette singularité naît un désir de se laisser bercer par ces personnages attachants. Pour la réalisatrice, le « souhait ultime » consistait à réaliser un film « avec » eux et non un film « sur » eux. Jamais on ne tombe dans la facilité, la pitié ou tout autre piège du genre risquant de créer un univers artificiel. Les larmes et les sourires naissent de l’abandon de la fiction au profit du « lâcher prise » et cela, tant pour les acteurs professionnels que pour les acteurs vivant avec une déficience intellectuelle. Humain, humain, humain, humain, humain….. Les deux pieds dans la vérité et dans le regard lumineux de Gabrielle Marion-Rivard.

Gabrielle souffre du syndrome de Williams, dans la vie comme à l’écran. Entourée d’amour, elle s’épanouit dans sa vie sociale, travaille, mais surtout, a la chance de se réaliser à travers la musique, plus précisément dans le chant chorale. Elle y rencontrera Martin, de cette rencontre naîtra le sentiment du désir, la puissance du désir. Ce petit quelque chose de si fort qu’il vient ébranler toutes nos certitudes en créant un état de manque constant. De ce désir charnel, naîtra aussi une volonté d’autonomie et d’appropriation de sa propre vie. Un désir de liberté et un besoin de l’autre.

Une grande partie de la charge émotive du film repose sur la musique, les chansons, celles de Robert Charlebois. Des chansons qui prennent un tout autre sens, des mots et des mélodies qui provoquent de fortes émotions, qui déstabilisent. La puissance des chansons ici est infinie. Au cœur de l’universalité musicale réside un puissant désir d’exister ainsi qu’un repère réconfortant où les Hommes sont tous égaux. Elle réfère aux souvenirs, à la mémoire vive, et parfois à tout ce qu’il reste de mémoire lorsque cette dernière s’efface. La complicité que Charlebois vit avec les chanteurs de la chorale Les Muses est évidente et le réel de la rencontre fonctionne à merveille. En fait, c’est simplement magique ! Ceci est sans compter la beauté des images, constamment en mouvements, qui attrapent ici et là des fragments de regards, de sourires… Certaines scènes sont un pur délice pour tous les sens.

Une heure quarante-trois minutes avec Gabrielle, ça fait du bien, parce que ça nous replace les valeurs à la bonne place, ça relativise beaucoup de choses et je crois que socialement, nous en avons bien besoin en ce moment.

Gabrielle de Louise Archambault sort en salle au Québec le 20 septembre.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le vendredi 20 septembre 2013 à 18:09 et est classé dans Analyse, Cinéma Québécois. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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