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L’édition 2013 du festival Fantasia, qui au sein de la jungle des festivals de Montréal (surnommée le Festival International des Festivals de Montréal) a su s’imposer comme un des plus pérennes et pertinents dans le domaine du cinéma, vient de se terminer. Cette année très spéciale a vu le festival revenir au cinéma Impérial, salle qui l’a vu naitre en 1996, pour cause de rénovations dans le théâtre Hall de l’université Concordia (qui il faut le dire en avait bien besoin). Une année donc spéciale pour les nostalgiques, mais aussi une grande année pour la programmation, qui s’est avérée à la hauteur d’un public exigeant. N’étant malheureusement pas un festivalier à plein temps, ce résumé n’est qu’un avis complètement subjectif basé sur les quelques temps forts que j’ai pu vivre lors de cette édition.

Premier film vu lors de ce festival, le très attendu Evangelion 3.0 : You can (not) undo, troisième long-métrage de la série Rebirth of Evangelion, qui confirme le virage à 90 degrés par rapport à l’histoire de la série originale entamé à la fin du deuxième opus de la série, qui se soldait par le troisième impact que tous voulaient éviter depuis le début. Un dessin animé qui parvient encore à étonner par l’ampleur et l’ambition de certaines scènes.

Dans la catégorie science fiction cérébrale, nous avons été particulièrement gâtés cette année, avec notamment un film Anglais et un film Canadien. Le premier, OXV : The Manual, a remporté le prix du public pour le film le plus innovant. Dans un monde où l’on a découvert que chaque être humain est doué d’une fréquence, et que cette fréquence détermine la chance et, en partie, l’intelligence, et donc la destinée, que se passe-t-il lorsque deux êtres situés au deux extrêmes du spectre se rencontrent ? Ce film, présenté en première mondiale et en présence du réalisateur, Darren Paul Fisher, manifestement ravi de l’accueil qui lui a été réservé, est un chef d’œuvre d’originalité et de légèreté, maniant avec finesse toute la palette du langage cinématographique (mouvements de caméra, montage, et même un usage particulièrement original de l’étalonnage colorimétrique) pour raconter son histoire de plusieurs points de vues différents.

Le second, plus classique dans sa facture, I’ll Follow You Down, est une histoire de voyage dans le temps soutenue par une distribution assez solide de célébrités du genre (on citera entre autres Gillian Anderson, Haley Joel Osment et Victor Garber) dans laquelle le dernier rejeton d’une famille de génies de la physique essaie de recréer la machine à voyager dans le temps de son père afin de le convaincre de ne pas compléter son propre voyage dans le temps, dont les répercussions sur sa famille s’avèrent particulièrement dramatiques.

Les fans de science-fiction et de fantastique plus sombres ont pu être comblés par The Machine, une exploration particulièrement troublante et violente du thème de l’ androïde doté d’émotions, ou Ritual : A Psychomagic Story, thriller psychologique à la facure magnifique (et comprenant une courte apparition d’Alexandro Jodorowsky, qui apporte en quelque sorte une caution au côté magique exploré dans le film), deux preuves de plus que le cinéma indépendant sait prendre la place libérée par un cinéma hollywoodien complètement hadicapé par son aversion au risque.

Fantasia, c’est bien entendu aussi une solide sélection de films asiatiques. On a noté cette année la présence assidue de Takeshi Miike (Itchi the Killer) avec deux films, Shield of Straw et Lesson of the Evil. N’ayant malheureusement pas pu voir le premier, sélectionné comme film d’ouverture, je me bornerai à dire que le second, qui commence par l’arrivée d’un professeur qui devient vite extrêmement populaire dans son nouveau lycée, se termine comme il se doit avec Miike. Shinsuke Sato (Gantz) était venu présenter son nouveau long-métrage, Library Wars, adapté d’une série de romans où les bibliothèques doivent s’armer pour protéger les livres d’une police de la censure complètement hors de contrôle. Sato-san a confirmé que des discussions étaient en cours pour donner suite à ce film afin de compléter l’adaptation, on ne peut qu’espérer qu’elles aboutissent favorablement.

La Corée nous a offert cette année un petit bijou, Secretly Greatly, un des plus grands succès de l’année dans son pays d’origine. Cette comédie dramatique nous invite à suivre les tribulations de Won Ryu-hwan, un des agents Nord-Coréens les mieux entrainée et terrifiants, qui est infiltré au Sud dans un quartier perdu d’une banlieue miteuse de Séoul où, comme couverture, il tient le rôle… d’idiot du village. Un film véritablement tous publics, qui mélange farce grotesque et scènes d’action avec ce qu’il faut d’émotion et de finesse, sans jamais mépriser son public. Une très belle surprise. Moins fin mais diablement efficace, A Company Man nous raconte les questionnements existentiels d’un assassin professionnel.

Le nouveau film de Ronny Yu (Fearless), Saving General Yang, est un ambitieux film historique sur la période particulièrement joyeuse des royaumes combattants, où les sept fils du général Yang partent à la rescousse de leur père, coupé du reste de l’armée impériale lors d’une retraite mal préparée aux relents de trahison. Inspiré de faits historiques devenus légendaires, ce film à grand spectacle est à couper le souffle, autant par la beauté de certaines vues (le duel d’archers dans un champ de blé est tout simplement magnifique) que par son suspense épuisant.

Bryan Singer, qui termine actuellement le tournage du nouveau X-Men : Days Of Future Past aux studios Mel’s à Montréal, a fait un beau cadeau aux festivaliers en acceptant de venir nous parler de sa carrière lors d’une soirée spéciale, qui a duré plus longtemps que prévu et au cours de laquelle nous avons eu droit (deux fois plutôt qu’une) à un montage exclusif des (très prometteuses) premières images du film qui marque son retour à la franchise qui a fait une bonne partie de sa réputation et a véritablement lancé la renaissance du film de super-héros à Hollywood. Le genre de cadeau habituellement réservé à des conventions comme ComicCon San Diego, merci Fantasia.

HK Forbidden Super HeroEn parlant de super-héros, il reste un film inoubliable à mentionner. Fantasia ne serait pas Fantasia sans ces films délirants, sans aucune retenue, qui font hurler le public de bonheur et transforment la salle de projection en véritable cirque. Le grand gagnant de cette année dans le domaine est sans contredit HK : Forbidden Super Hero, inspiré de la comédie manga Kyūkyoku!! Hentai Kamen (le pervers masqué ultime), dont le héros, un lycéen fils d’un policier et d’une dominatrice S&M, protège ses camarades et rend la justice assez peu vêtu, en utilisant une petite culotte pour se masquer le visage. Les mouvements lascifs et techniques de combat inusitées de ce héros déjanté sont de nature à marquer les spectateurs (mais pas autant que ses ennemis). Du grand, du très grand n’importe quoi, qui malgré quelques longueurs a remporté deux catégories du vote du public, Meilleur film asiatique et Film le plus énergique.

François Schneider

 

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Cet article a été publié le mardi 13 août 2013 à 16:29 et est classé dans Cinéma International, Festival, Insolite. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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