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8436035004898_600Nombreux sont ceux qui comme moi, après voir vu la bande-annonce du dernier film d’Almodovar, se sont dit, que ça ressemblait à presque tout sauf à une bande-annonce d’un film d’Almodovar ! Mais c’est bien, ça pique drôlement la curiosité ! Après l’étrange voire dérangeant La piel que habito, le réalisateur espagnol nous revient avec une comédie disjonctée. Los amantes pasajeros, (Les amants passagers) est un « ovni » qui semble avoir échappé au temps qui passe et venant se déposer comme une boîte de caramel dans le paysage cinématographique de l’été.

On se demande par moments si c’est davantage une comédie (les plus optimistes semblent heureux de renouer avec le Almodovar de ses premiers films) ou s’il s’agit plutôt d’une critique sociale qui se drape sous les traits du cynisme effronté (certains parlent d’une métaphore du système économique espagnol, ou de cette charge à fond de train contre l’homosexualité qui « plane » sur l’Europe depuis un certain temps). Quoi qu’il en soit, le réalisateur impose d’entrée de jeu un ton à la fois cru, plein d’humour, irréel et rose bonbon, tout en assumant l’improbabilité du scénario.

Dû à un ennui avec un des trains d’atterrissage après son départ de Madrid, l’avion qui devait s’envoler vers le Mexique est contrait de tourner en rond, dans les airs, au-dessus de la ville de Tolède pendant quelques heures en attendant qu’on lui trouve une piste disponible afin d’y effectuer un atterrissage d’urgence. La situation est grave, et malgré les dispositions critiques qui laissent sous-entendre un scénario dramatique, c’est avec un délire digne d’un voyage astral sous l’effet d’une surdose de sucre que les trois agents de bord (supra-gais) de la classe affaire « géreront » la situation. Alcool, drogue, sexe et rock «n» roll. À ce trio d’enfer se greffent des passagers tous aussi clichés que savoureux, ainsi qu’un pilote et un co-pilote qui inspirent tout sauf la confiance ! Entre névrose et fatalisme, ce voyage marquera les passagers tout en déstabilisant le spectateur.

Le rythme est endiablé, et c’est le travail du maître qui sait parfaitement ficeler ses intrigues et chassés-croisés, qui octroient au film un caractère singulier et irrévérencieux. Au final c’est divertissant, et ça porte à réflexion sans tomber dans aucune morale prédigérée. On aime, ou on déteste, mais on ne peut rester indifférent ou à tout le moins ne pas sourire devant tout cet étalage de kitsh et de répliques qui frôlent l’absurde tant elles flirtent avec l’étrange. Le tout dans un décor quasi fluorescent, semblant issu d’un mauvais « soap » des années 80, apportant une couche supplémentaire à cet univers allégorique en plastique. Scandales économiques, famille, mensonges, sexe, trahisons, vengeance, argent, pouvoir, folie, création, infidélité, corruption, médias sociaux… Un amalgame dense de tout ce qui constitue un monde qui s’effrite à coup de « non-dit », d’abus de pouvoir et d’indifférence, mais également des thématiques récurrentes dans l’œuvre du réalisateur. Le sexe est bien sur omniprésent, mais c’est du sexe hideux, sans âme, tristement dans l’air du temps. Le contraste en est d’autant plus frappant et vise dans le mille. Quelque part. ça fait mal.

Les amants passagers permettra probablement à un tout nouveau public de découvrir ou d’apprivoiser le travail du réalisateur espagnol, tout en offrant à son public fidèle une virée cinématographique absolument rafraîchissante dans cet été caniculaire. C’est un tourbillon de tout et de trop, c’est tout et rien à la fois, mais au final, c’est du bonbon… « I’m so excited »

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le mercredi 24 juillet 2013 à 17:47 et est classé dans Analyse. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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