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185687637e612cd214695ae204c24851Et tout à coup, son regard est attiré par elle. Figé dans le temps. Sans comprendre pourquoi, il est incapable de s’en détourner. L’oeil aux aguets, le souffle court puis les papillons qui s’emparent de lui. Tremblements, incompréhension, passion. Quelques fragments de seconde auront suffi, et dès cet instant, il quittera à jamais le repère tranquille de l’enfance… Un saut dans le vide qui lui fera découvrir ce que la vie offre de doux et d’amer. Un premier amour…

Ce premier long métrage de fiction de Guillaume Sylvestre revisite cet éternel premier amour, celui qui enivre, celui qui trahit. Avec une réalisation plutôt classique et sans réinventer le style, Guillaume Sylvestre, avec cette adaptation de la nouvelle Premier amour, de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev, (1860) offre un film estival honnête, sans prétention, qui malgré quelques maladresses avérées, réussit toutefois à charmer le spectateur assez rapidement. Sylvestre nous fait voyager à travers un intéressant mariage d’intertextualités littéraires (Anna-Tolstoï-mariage-infidélité…) et de métaphores à saveur naturelles (l’âme du documentariste). La chenille sortant de son cocon pour prendre son envol en tant que papillon. Le tout bercé par la beauté tranquille d’un été dans un chalet sur le bord de l’eau. Les pieds dans l’eau sur le bord du quai pendant que les fourmis s’emparent subtilement du bol de fraises sucrées déposées sur l’herbe…

Si les relations amoureuses doivent avant tout reposer sur la confiance mutuelle entre les amoureux, à quel moment la confiance absolue dérive et devient de l’aveuglement volontaire ? Et peut-on vraiment connaître les gens avec qui on partage le quotidien ? Si Tourgueniev décrivait cruellement l’amour comme une maladie, Guillaume Sylvestre nous offre davantage d’ouverture mais conserve tout de même cette vision obscure où l’amour se voit tributaire de toutes les douleurs et de toutes les trahisons du monde. Comme ces hommes « d’âge mûr », attirés depuis la nuit des temps par le charme envoûtant des jeunes et jolies sirènes trop jeunes pour eux.

Le jeu des acteurs est souvent inégal, on se retrouve à essayer de comprendre certaines motivations ou choix de réalisation. Par exemple, on n’est pas certain de comprendre ce que le personnage de Karl (joué par Pierre-Luc Brillant) amène au récit. Les réactions de Marie (Macha Grenon) reposent trop souvent sur la caricature ou l’hyperbole et on ri de situations qui devraient suggérer exactement le contraire. Sylvie Boucher et Benoît Gouin campent parfaitement des personnages typiques auxquels ils nous ont habitués un et l’autre. C’est le jeu solide et introspectif du jeune Loïc Esteves qui crève l’écran. Comme si tout le malheur, la tristesse et le désespoir du monde trouvaient refuge dans ses yeux. Du premier tremblement amoureux au sentiment que la vie n’a plus rien à lui offrir de sincère. On l’aime, tout simplement.

Le film est bercé par une trame sonore toute en beauté et en intensité, qui apporte beaucoup à l’ensemble de l’œuvre, elle crée un contraste quasi baroque avec la simplicité du décor qui rythme et illumine le film aux subtils parfums de l’été. Si on ne ressort pas de la salle avec l’impression d’avoir vu un grand film, on en ressort avec le sentiment humain que cet éternel cycle de la vie qui se répète, librement ou impitoyablement depuis des siècles est finalement ce qui existe de plus humain et de plus vrai dans ce monde. Si on n’y échappe pas, on en ressort toujours un peu plus grand.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le samedi 22 juin 2013 à 12:38 et est classé dans Cinéma Québécois. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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