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Tout le monde se souvient encore de la désastreuse guerre des formats, qui a douloureusement entaché l’arrivée de la haute définition dans le domaine grand public, et qui a marqué le début de la fin des supports physiques pour la distribution de contenu. La révolution numérique a commencé depuis longtemps dans le domaine de la production, et là aussi une guerre oppose les fabriquants de matériel de prise de vue, mais cette fois-ci pour le plus grand bonheur des créateurs.

Si les premiers à fabriquer des caméras de cinéma numériques étaient des joueurs établis du marché (notamment Sony et Arri), un passionné aux poches profondes est venu révolutionner le marché il y a déjà 5 ans. Après avoir fait fortune en vendant des lunettes de soleil, Jim Jannard, fondateur de la marque Oakley, a proposé la Red One, une caméra numérique réellement pensée pour les cinéastes (avec sa définition de 4K, sa latitude d’exposition et la taille de son capteur, proche de celle d’une image film 35mm) à un prix alors jamais vu, 17 500$.

Depuis, d’autres joueurs, cette fois-ci issus du monde de la photographie, se sont joints à la partie. D’abord Nikon, puis Canon, ont proposé des reflex numériques permettant de filmer en haute définition en profitant des optiques légendaires qui ont fait leur réputation et de la taille des capteurs compris dans leurs appareils photos, rendant possible des profondeurs de champ limitées qui sont un des aspects les plus recherchés de l’image cinématographique telle qu’elle a été codifiée avec le film 35mm. Si les prix étaient attrayants, le format d’enregistrement (utilisant le codec grand public h.264) n’était pas toujours au niveau des attentes des professionnels.

L’offre s’est maintenant diversifiée et couvre maintenant les besoins des amateurs éclairés comme des professionnels les plus exigeants. Red s’est renouvelé avec ses gemmes Epic et Scarlet (mais en oubliant leur promesse de sortir une caméra à moins de 5000$). Sony a augmenté la taille de ses capteurs, proposant les F35 et F65 dans la gamme CineAlta. Canon a annoncé cette année une nouvelle gamme EOS C destinés aux cinéastes, avec d’abord une caméra cinéma 1080p à capteur super 35, la C300, puis plus récemment le EOS 1D C, premier reflex numérique capable de filmer en 4K. Les deux boîtiers sont proposés autour des 15000$, on n’est donc pas si loin du prix de la Red One d’origine. Le dernier à entrer dans la danse est Blackmagic Design, fabriquant de matériel vidéo numérique, qui après avoir racheté le pionnier de l’étalonnage numérique DaVinci, vient d’annoncer une caméra 2.5K permettant un enregistrement en RAW (un fromat non compressé) ou divers codecs professionnels pour 3000$.

Ce mouvement de démocratisation de la captation d’image de qualité n’est pas terminé. Après tout, une caméra de cinéma moderne n’est plus qu’un capteur avec une monture permettant de mettre les optiques de son choix devant. L’électronique de traitement d’image et la connectique sont maintenant devenus des commodités, et les algorithmes de compression se trouvent dans le domaine public. La démocratisation des moyens de production nous a déjà amené des films à grand spectacle comme Space Captain ou Iron Sky, réalisés avec des budgets d’environ 10% de leurs équivalents hollywoodiens. Si de nombreux navets numériques sont déjà sortis ou à attendre, cette guerre des caméras nous a déjà amené quelques perles. Gageons que l’avenir nous réserve encore de belles surprises de ce côté.

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Cet article a été publié le samedi 21 avril 2012 à 6:47 et est classé dans Caméscope, Canon, Technologie. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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