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Qualifié de « Feel good movie » par son réalisateur lui-même, Tous les soleils de Philippe Claudel est avant tout une ode à la vie, un poème sucré (et sacré) amer et lyriquement doux qu’on se plaît à déguster longuement. Alessandro, est un italien (veuf) vivant désormais dans la magnifique ville de Strasbourg. Il élève depuis toujours sa fille Irina qui a maintenant quinze ans et héberge son frère qui s’enferme, hors du monde, exigeant de la France le statut de réfugié politique, prétextant (à juste titre sans doute) le régime dictatoriale de Berlusconi. Ce dernier refuse de sortir tant que celui-ci sera au pouvoir… « Je viens d’un pays qui n’existe plus » se plait-il à dire en anarchiste de l’inaction sympathique. Son arme: peindre sans cesse le même tableau (composé d’une pomme et d’un téléphone cellulaire, symboles des pêchées originels et contemporains) qu’il refuse de vendre.

Alessandro enseigne la musique baroque (plus précisément l’histoire de la musique de Tarentelle) à l’université de Strasbourg. C’est habilement rythmé par cette musique qui suggère l’urgence de vivre que le film va danser par lui-même. S’il ne s’est jamais remis de la mort de sa femme, il n’a pas non plus remarqué à quel point les années avaient filées, transformant sa petite fille, en une adolescente, voire en une femme qui découvre les plaisirs d’aimer et d’être aimé. Pour lui, le choc sera difficile à assumer et il devra tranquillement apprendre à la laisser vivre, tout en commencent lui aussi à se construire une vie en parallèle, et à briser sa routine pour prendre le temps de s’investir réellement dans de nouvelles relations humaines, quitte à devoir prendre des risques.

La réalisation de Claudel, est magnifique, subtile, musicale, drôle, touchante, comme un conte éclaté sous forme de classicisme. Le tout est bien accentué par une superbe trame sonore. Les personnages sont tous rapidement très attachant et bien que la fin soit prévisible, on est heureux de s’y laisser transporter tranquillement, sans heurt, en suivant le flot, presque jouissif d’une trame bien ficelée. La ville de Strasbourg en arrière plan, contribue à ajouter à la magie du long métrage en faisant office de personnage, discrète mais d’une grande beauté, comme tant de ville qu’on rêve de côtoyer. Dans ce film, le bonheur consiste à se balader contemplatif, sur le bord des canaux, espérant y trouver quelques cygnes à nourrir.

Il ne faut pas passer sous silence l’apparition discrète et troublante d’Agathe, personnage interprété avec beaucoup de sobriété par Anouk Aimée, qui semble sortir tout droit d’un univers Fellinien, traduisant à elle seule tout un pan d’un historique de l’âge d’or du cinéma Italien.

Une petite dose de bonheur, une touche de soleil méditerranéen, et un soupçon d’espoir bien dosé, Tous les soleils, transporte le spectateur vers un ailleurs qui n’aura jamais été aussi proche de nous-même. Tous les parfums de tomates fraîches, de gnocchis maison et de basilic s’y retrouvent, envoutants, touchants et avec juste ce qu’il faut d’oignons pour venir nous tirer une petite larme discrète et pleine de douce extase. On y retrouve une belle preuve que la complicité intergénérationnelle est sans doute une des plus belles choses qui puisse être, avec un verre de rouge.

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le dimanche 31 juillet 2011 à 10:18 et est classé dans Mon Grain De Sel. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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