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« ce concert est comme, n’est-ce pas… confession, dans chaque note de musique, il y a la vie. »

Le concert de Radu Mihaileanu est un rendez-vous touchant au coeur même de la musique et des passions. 30 ans après avoir été publiquement humilié et viré de son poste de chef d’orchestre du Bolchoï de Moscou, en plein concert, pour avoir osé conserver ses musiciens juifs, Andreï Filipov décide de profiter d’une occasion unique afin de retrouver la lumière, autant celle de sa vie que celle des projecteurs. Devenu concierge au Bolchoï, il va intercepter un fax qui va lui permettre de reprendre le contrôle de sa destiné. Appuyé par ses proches, superbe galerie de personnages haute en couleurs, frôlant la folie et le délirium,  il recomposera un orchestre afin d’assurer la direction d’un ultime concert au théâtre du Châtelet de Paris.

Dansant à travers une suite éclatée de moments cocasses et légèrement disjonctés, la route folle qui les mènera vers la ville lumière, est avant tout un voyage au coeur de la souffrance des êtres humains, de l’inachevée que seul la puissance magnifiée de la musique aura le pouvoir d’exorciser. Comment un être humain peut-il survivre pendant 30 ans, privé de ce qu’il est intrinsèquement? Loin de la musique, de sa quête de sa folie, car ici, la musique et la folie sont liées par cette même force destructrice. Alors que l’égoïsme de Filipov est collectif, chaque être humain se bat avant tout pour exister, pour survivre, pour se tracer une ombre qui résisterait au temps qui passe.

La folie du chef d’orchestre réside dans la volonté impossible de donner au monde une version parfaite et intemporelle du concerto pour violon de Tchakovski, musique sublime et fragile. Si ce projet avorté le mènera dans les abimes sombres et profondes de l’esprit humain, il sera également le lien qui le maintiendra à la surface incertaine du quotidien pendant ces 30 années. Le concerto permute l’homme en musique et la musique permute l’homme en concerto, ils vont devenir une seule et unique  entité reliée par le souvenir et accroché à l’espoir.

La réalisation est fluide et bercée amoureusement par la musique de Tchakovski ainsi que par des rythmes tziganes qui contrastent avec le paysage moscovite ambiant où tout ne semble qu’antithèses  entre « le trop » et le « pas assez ». Certaines scènes referment en elles-même une poésie d’une tristesse infinie comme si toute la beauté du monde y était exposée, au point de nous faire, parfois, oublier à quel point l’utile flirte avec l’inutile de scènes qui ne font sens, gratuites qui n’apportent rien d’autre que d’improbables failles au rythme, comme si le concerto pour violon devenait réellement la symphonie impromptue. Par contre, ces manifestations ici et là, n’altèrent en rien le plaisir du spectateur de se laisser divertir (et parfois même envouter) par la poésie sombre et lumineuse de ce récit atypique, hors du temps. En somme les faiblesses ne tombent jamais dans la discordance.

Silence, fragilité, humour noir dérivant quelques fois vers le rose bonbon, entre éclats de rires et tendresse partagée, Le concert de Radu Mihaileanu est à l’image de la vie, aigre et doux, mais rempli de promesses, parfois tenues et parfois qu’espérées.

Marie-France Latreille, les oreilles pleines de Tchakovski

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Cet article a été publié le dimanche 5 septembre 2010 à 9:23 et est classé dans Cinéma & Musique, Cinéma International, Mon Grain De Sel. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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