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« L’ado Léon Bronstein (Jay Baruchel) est un cas tout à fait unique au sein de l’école secondaire Montréal West. Pour une bonne raison: aucun de ses pairs ne peut prétendre être la réincarnation de Leon Trotski, l’iconoclaste et révolutionnaire soviétique du début du XXe siècle, fondateur et héros de l’armée rouge. Pour le punir d’avoir orchestré une grève de la faim des ouvriers de l’usine dont il est propriétaire, son père l’inscrit dans une école publique. C’est alors que Léon, déterminé à vivre son destin jusqu’à sa fin ultime et à changer le monde, trouve un nouveau sens au terme « syndicat étudiant ». » Synopsis : Alliance Vivafilm.

Est-ce qu’il y a encore une place pour les révolutionnaires et les idéalistes qui vivent dans le confort tranquille (pour ne pas dire indifférent) de nos sociétés contemporaines? Voilà la grande question que pose le réalisateur Jacob Tierney dans le film : The Trotsky. Cette  savoureuse comédie campée à Montréal réussit à amalgamer dans une relative cohésion, le petit livre rouge de Mao, Ben Murloney, la musique (ambiance musicale) de Malajube, des amours impossibles et une étonnante mobilisation étudiante.

Si l’idée première derrière ce film est de redonner aux jeunes une idée de ce que peut être une implication politique, de conscientiser, de réintroduire cet impalpable désir de se battre pour des convictions, l’œcuménique ludique qui prend les traits d’un communisme égalitaire (ou d’un syndicalisme primaire) saura rallier tous les êtres humains en proies à diverses convictions. Sous un discours de moralité un tantinet trop soulignée au feutre jaune, la fébrilité des luttes, et le plaisir jouissif de voir des jeunes se lever debout à su me faire frissonner à quelques reprises. Moi qui refuse de me soumettre à ce monde dominé par cet  immobilisme  tangible tant social que gouvernemental qui sévit tristement en ce moment.

« T’es mon Lénine? »  va demander spontanément Léon à son compagnon de classe. Si tout le monde ne cherche pas son Lénine, la volonté de trouver sur cette terre des êtres humains à rallier à sa ou ses causes, est une réalité qui se perd trop souvent hélas, obnubilé que nous sommes par la recherche de l’âme sœur (autre utopie) et de la facilité ambiante. Est-ce cliché ou pas de prétendre que tous les poseurs d’idées et les chercheurs d’égalités ont, un jour ou l’autre, passé pour de véritables fous? Des révolutionnaires sans révolutions… Je suis sans doute la première à qui on le reprochera.

Mais au final, ce film prend des allures de pamphlet surréaliste, dominé par l’humour  et les nombreux clin d’oeil à la révolution russe ce qui donnent lieu  à des moments tout à fait jouissifs comme cette reprise de la célèbre scène du film :  Le Cuirassé  Potemkine par Eisenstein (1925), ou encore de Léon quittant sa famille pour l’Ontario au volant d’une somptueuse voiture de marque Lada. Dans ce même ordre d’idées, le jeu entre insouciance, naïveté, pragmatisme et indifférence d’Anne-Marie Cadieux qui incarne la mère de Léon, est du véritable bonbon, tant il permet d’ancrer la réalité du film dans le réel du quotidien. Vas jouer à la révolution, mais n’oublie pas de venir souper samedi soir… Tout à fait charmant!

Si la réalisation n’est pas constante et que les trop nombreuses longueurs peuvent faire facilement décrocher le spectateur lassé de tourner en rond par moments, certaines scènes sont de véritables petits bijoux, qui à elles seules méritent le déplacement. La musique de Malajube sur fond de révolution russe qui en apparence peut sembler improbable, ajoute une touche tout à fait ludique au film, rappelant du coup que ce récit absurde se déroule bel et bien dans le Montréal des années 2000. En espérant ne pas être la seule à être sortie de la salle avec un insoutenable désir de recommencer à changer le monde…

En terminant, évitez l’exécrable version doublée en français (au Québec) et privilégiez la version originale, mais allez vous régaler de cette petite sucrerie atypique dans l’univers cinématographique, de quoi faire sourire tous les désillusionnés!

Nous vaincrons!

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le jeudi 20 mai 2010 à 18:09 et est classé dans Mon Grain De Sel, Non classé. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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