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« Afrique du Nord, Montagnes de l’Aurès, 1895. Max, médecin de guerre, revient du front dans une ville qu’il ne reconnaît plus. L’armée a envahi la cité coloniale, les rues sont désertées, la communauté ancestrale hérénite est soumise aux contrôles systématiques des soldats. Un jour, sans crier gare, les choses basculent. Max doit faire face à la terrible évidence : l’horreur est de retour, elle l’a suivi jusque chez lui. Une maladie va frapper le village, contraint à l’isolement. » *

Troisième long métrage du réalisateur atypique Kim Nguyen, La Cité, se veut, une fois de plus, une incursion dans un univers étrange. L’inquiétante étrangeté qui ancre le travail de Nguyen dans des mondes improbables voire intangibles porte une signature unique, mais s’intègre parfaitement à un processus d’exploration singulier, propre au créateur en pleine évolution. Ironiquement, c’est cette « recherche » qui sonde les limites entre fiction et fantastique qui est à l’origine des divers reproches que l’on peut porter sur l’œuvre. Si la plainte peut être justifiée dans un « absolu » très concrets du langage et des codes cinématographiques, qui parfois se perdent dans une incompréhension de donnés floues et/ou absentes (qui ne se souhaitent ni floues ni absentes) au niveau su scénario. Par contre, c’est fondamentalement dans cette essence que le film se crée une identité et un sens.

Je ne saurai reprocher à un créateur qui ose expérimenter de nouvelles routes loin d’un cinéma, trop acquis, comme il s’en fait trop au Québec ces temps-ci. J’aime les imperfections qui colorent la vision d’artistes passionnés tout en teintant une production d’une touche exclusive et gravée dans le temps. Peut-être que ma subjectivité, né d’un amour inconditionnel pour Le Marais, son premier Long métrage y est pour beaucoup, mais il va sans dire que cette coproduction Canada-Suisse, tournée en Tunisie s’intègre parfaitement bien au cheminement de Nguyen, ainsi qu’aux œuvres non-conformistes qui savent me séduire à tout coup.

La Cité, est une toile quasi picturale, traversée d’une plastique poétique, exceptionnelle d’où s’exulte une fantasmagorie noire. À deux pas de la déshumanisation, l’homme devient plus monstrueux que la mort, l’homme, guerrier sème la dévastation, l’homme humain sauve l’homme de l’homme. Dans cette fable inventée, il émane des effluves de rats morts et de respirs putréfiés qui enlacent  la vie dans ce qu’elle a de plus vraie. Si la tentative ne réussit pas à éviter certains clichés et passages prévisibles, la beauté des images, de chaque plan, qui se composent et se décomposent, de manière merveilleuse en une eurythmie sublime,  envoute à grands coups de sensible et de fragile. Quoi de plus humain, de plus actuel qu’un discours sur la peur et sur la capacité qu’à l’humain à engendrer la peur, pour justifier des guerres sans fondements?

Si, à prime abord, ce film ne s’adresse pas systématiquement à un très large publique, je doute que, pour qui saura s’y abandonner et se laisser bercer, le cinéphile ou l’amoureux du travail de Nguyen ne puisse y trouver son compte. Ne serai-ce que pour la beauté époustouflante des paysages (que seul le grand écran peut rendre aussi bien) et que le réalisateur à su rendre unique et empreint d’une mélodie « Satienne…. »

« La pire des pestes est la raison humaine » Jean Clavin

Marie-France Latreille

* Synopsis officiel


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Cet article a été publié le mercredi 21 avril 2010 à 17:29 et est classé dans Cinéma Québécois, Mon Grain De Sel. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



3 commentaires



    paumier

    dit (21 avril 2010 à 21:28):

    Excellent billet !
    Vous me donnez le goût de connaître ce réalisateur et de voir ce film !
    Merci d’être là ! 🙂

    mflatreille

    dit (22 avril 2010 à 9:07):

    Mais IL FAUT découvrir ce que ce réalisateur à fait!!

    rainette

    dit (1 mai 2010 à 13:27):

    aie, tu fais de beaux articles ! Je reviendrai après avoir mangé mon sandwich aux grosses tomates. Tu me reconnais ??? Sur Twitter ?
    A plus ma belle (enfin, Marie-France Latreille, c’est toi ? La fille de Mossieur Latreille qui fait des téléphones hihi??? Tu sais de qui je parle ?)

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