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Lorsque le merveilleux intrigant de l’univers de Lewis Carroll rencontre le monde noir et étrange de Burton, on ne peut qu’espérer que la fusion va opérer afin que ces univers particuliers puissent permuter en une parfaite symbiose. En ce sens, le pari est très bien réussi pour qui aime déjà le travail de Burton. En Fait, lorsque Tim invite Alice à danser, la valse ne peut être que virevoltante…

Dès les premiers plans, on réalise à quel point l’œuvre de Burton et celle de Carroll sont en parfaite harmonie, à ne point douter que ce dernier ait eu une réelle influence sur tout ce que Burton a réalisé depuis ses tous débuts. Pourtant sans rien nier du récit originel (malgré quelques adaptations), c’est au cœur des mondes de Burton qu’on se retrouve rapidement confronté, (un univers un peu plus coloré qu’à son habitude , rappelant un peu le travail des peintres du romantisme allemand, mais très représentatif de la plastique de Burton). Il appert que la personnification ait réussi car  c’est principalement ce qui fait en sorte que le pari est tenu. Très près de l’univers de l’étrange Noël de monsieur Jack, on fait la rencontre d’une curieuse bande de personnages loufoques et de créatures  mystérieuses adaptés à un univers contemporain qui partagent le même idiome sans être dénaturalisés. D’un lapin qui indique l’heure parfaitement fidèle à celui de notre imagination collective à un chapelier fou très « Burtonien » ce collage créatif fonctionne très bien. On ne peut non plus passer sous silence le travail remarquable de la conception des costumes, tous plus magiques les uns et les autres. J’aurais souhaité en avoir esquissé quelques un moi-même…

Le pays d’Alice est toutefois, et/ou avant tout, un monde de cauchemar, cet univers parallèle qui existe réellement…,  trouve sa genèse dans les cauchemars de la jeune Alice, et il se traduit en une succession de scènes extraordinaires, mais totalement troublantes, qui auraient traumatisé à jamais l’enfant que j’ai été!  Dans cette réalisation  audacieuse et complexe mais désarmante de simplicité à la fois, c’est la folie (la douce folie) qui a le dernier mot. Elle occupe une place prépondérante dans ce récit. Comment vivre dans un monde conforme et terne dans lequel tout est écrit à l’avance alors que nous avons des idées différentes? Comment traverser la vie alors que nos idées et mondes imaginaires sont contraires à tout ce que nous dicte la bonne société? Comment évoluer alors que ce monde nous traite de fous, se moque de nous et nous condamne sans condition? Car c’est de cela qu’il est question dans le texte de Carroll, des différences, des anticonformistes et des heureux fous… Peut-on devenir adulte et continuer de croire à la magie des idées? Peut-on devenir grand et croire encore qu’on puisse discuter avec une chenille bleue qui fume de la chicha? Peut-on simplement avoir des idées différentes que celles qu’on nous martèlent jour après jour? Et pourquoi moi, je crois sincèrement que cet univers existe réellement?

Tout le charme de la réalisation, bien appuyé par une inquiétante musique de Danny Elfman, réside dans le fait que Burton a su rester fidèle et intègre tant à l’essence même du récit qu’à lui même. Ceci qui fait en sorte que l’ensemble peut supporter quelques longueurs, quelques moments « d’over acting » parfois dérangeant de la part de Johnny Deep, tout en demeurant aussi pétillant que le regard naïf et déterminé de la charmante Mia Wasikowska. Bien sûr, la production s’adresse au public déjà conquis, quoi que la magie pourrait en convaincre quelque uns…

En terminant, je souhaite poser une question. Croyez-vous que le 3D apporte réellement quelques chose de plus à la réalisation? J’ai beau y réfléchir, je doute de plus en plus de la pertinence du 3D dans ce cas-ci (outre l’idée de vouloir redonner un mandat attractif au cinéma comme c’était le cas lors de son invention…) Et vous qu’en pensez-vous?

Marie-France Latreille

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Cet article a été publié le jeudi 18 mars 2010 à 18:16 et est classé dans Cinéma Américain, Mon Grain De Sel, Technologie. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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