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bioscopegrandL’ingérence de l’Église dans les premiers temps de la cinématographie d’ici a rapidement fait le tour du monde. L’expression « Québec, le pays des ennemis du cinéma » vient d’un texte publié dans un journal en Russie (1916).

« Le pays des ennemis du cinéma- un tel pays existe, non pas dans l’imaginaire mais bel et bien dans la réalité présente. Il s’agit du Québec… »

Cette expression est également le titre d’un excellent ouvrage (sous la direction d’André Gaudreault)  un recueil de textes d’archives traitant de la question.

Outre le fait que La Russie considérait, déjà, en 1916, le Québec comme un pays, on y apprend entres autres quelques unes des astuces dont l’Église a usé afin de déclarer la guerre à cet art qui à ses yeux, était l’incarnation du diable en personne. À titre d’exemple: « L’Archevêque de Montréal, Paul Bruchési, demande en 1907 que la loi interdisant les divertissements payants le dimanche (parce qu’ils sont un commerce) s’applique également au cinéma. Il ordonne expressément aux Catholiques de s’en abstenir ce jour-là. » *

L’église va également interdire l’ouverture et/ou la construction de salles de cinéma à une certaine périphérie de toute église, alors que Montréal était surnommée: « La ville aux cent clochers« …  En effet, il y avait et il y a toujours une église à chaque coin de rue. (disons qu’elles sont particulièrement nombreuse et qu’elles  symbolisent bien cette mainmise sur une  la population du début du siècle dernier) En somme, de manière détournée, l’Église affirmait son désaccord en rendant presque impossible toute tentative légale de faire des projections. Heureusement qu’il y a toujours eu des esprits contestataires qui se sont battu durant de nombreuses années contre les autorités en fonction, afin de « dé-sataniser » cet art nouveau. Quant-à l’expression « pays des ennemis du cinéma » elle est demeurée longtemps dans l’imaginaire international.

C’est par la voix de la censure que l’Église a par la suite répliqué à ses résistants,  j’y reviendrai sous peu…

Marie-France Latreille

*Yves Lever «Le cinéma au Québec», Continuité , numéro 41, automne 1988, p. 23-26.

référence: Au pays des ennemis du cinema — pour une nouvelle histoire des débuts du cinema au Quebec

André Gaudreault, Germain Lacasse, Jean-Pierre Sirois Trahan, Quebec, Nuit blanche editeur, 1996


Cet article a été publié le dimanche 21 février 2010 à 18:52 et est classé dans Brèves historiques, Cinéma Québécois. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



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